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  Opérer un rapprochement avec des États voyous (Project-syndicate 2015/08/04)-French


Opérer un rapprochement avec des États
voyous

(Project-syndicate Aug.4, 2015)


Lors de son discours sur l’état de l’Union prononcé en 2002 devant le Congrès américain, le président George W. Bush avait utilisé la célèbre formule « Axe du mal » pour décrire l’Irak, l’Iran et la Corée
du Nord. Depuis lors, les États-Unis n’ont pourtant pas eu les mêmes relations avec chacun de ces
pays. Les différences de traitement sont très instructives.


Bush et ses conseillers partisans de la ligne dure estimaient que seule la force ou un « changement
de régime » pouvait empêcher ces États « voyous » de mener des actions terroristes ou de
développer des programmes d’acquisition « d’armes de destruction massive ». C’est pour cette
raison ou sous ce prétexte que les États-Unis ont envahi l’Irak en mars 2013, avec pour
conséquence un pays en situation de guerre civile quasi permanente depuis plus d’une décennie, un
gouvernement central impuissant et aujourd’hui, l’émergence de l’État islamique.


En Iran, le président de l’époque, le modéré Mohammad Khatami, avait avancé des propositions
pouvant être considérées comme raisonnables pour limiter le programme nucléaire du pays. Mais
Bush et son équipe ont préféré exercer des pressions sur l’Iran au moyen de sanctions et de
menaces militaires et tout espoir de négociation s’est évanoui lorsque Mahmoud Ahmadinejad a
succédé à Khatami en 2005. Ce n’est qu’avec l’arrivée au pouvoir d’un autre modéré, le président
Hassan Rouhani, que l’espoir d’une solution négociée a pu à nouveau être envisagée.


Fort heureusement, le président américain Barack Obama a su saisir les occasions qui se présentaient à lui. En effet, l’accord récemment conclu avec l’Iran, faisant suite aux ouvertures diplomatiques avec Cuba et la Birmanie, devraient inciter ceux qui parlent du déclin américain à reconsidérer leur point
de vue.


Mais qu’en est-il de la Corée du Nord, le dernier membre de ce fameux axe du mal ? Pour
l’administration Bush, l’accord-cadre signé à Genève en 1994 entre la République populaire
démocratique de Corée (RPDC) et les États-Unis, qui prévoyait le gel du programme nucléaire
nord-coréen et l’abandon progressif de ses réacteurs modérés au graphite, fut perçu comme un
acte d’apaisement « naïf » de la part de l’administration Clinton. La nouvelle administration Bush a
préféré suivre une ligne dure, dans le cadre notamment des pourparlers à six entamés en 2003,
comprenant les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon et les Corée du Nord et du Sud, exacerbant
d’autant les pressions. Si cet objectif n’a jamais été publiquement déclaré, il paraît certain que les
principaux responsables politiques américains visaient un changement de régime.


Mais alors que l’administration Bush maintenait une ligne dure à l’égard de l’Iran, elle a dès
2006 modifié son approche envers la Corée du Nord et cherché à conclure un accord – sans doute en raison du premier essai nucléaire de la RPDC mené en octobre de la même année. Un tel accord,
finalement conclu lors de la cinquième série des pourparlers à six en février 2007, n’a jamais été
mis en œuvre à cause du refus de la Corée du Nord d’accepter un protocole de vérification.


Lorsque Obama est entré en fonction en janvier 2009 et a offert de « tendre la main » aux États
« voyous »  de Bush, les optimistes ont espéré qu’une dénucléarisation négociée de la Corée du
Nord était envisageable. Malheureusement, la RPDC est depuis cette date revenue à trois
reprises sur ses engagements : elle a mené un deuxième essai nucléaire en mai 2009 ; lancé un
satellite en 2012 au mépris des résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité des Nations unies ;
et effectué un troisième essai nucléaire en février 2013. Compte tenu des menaces répétées du
régime nord-coréen de plonger des objectifs américains, de Hawaï à Washington, dans une « mer
de feu », il est difficile de rester optimiste.


Quels enseignements les décideurs américains peuvent-ils tirer des relations avec les trois pays de
« l’axe du mal » depuis 2002 ? Premièrement, chercher à obtenir un changement de politique fait
plus de sens que viser un changement de régime. L’administration Bush a obtenu un changement
de régime en Irak, mais à un coût astronomique que les protagonistes n’ont pas fini de payer. Par
contre, les objectifs d’Obama concernant l’Iran, axés sur la dénucléarisation, étaient modestes et
ont porté leurs fruits.


Quelles en sont donc les implications dans le cas de la Corée du Nord ? A la lumière des tactiques
passées de négociation du régime de Kim Jong-un, il est compréhensible qu’Obama soit réticent à
lancer une nouvelle initiative diplomatique et fondé à penser que des négociations avec la Corée du
Nord fourniront des munitions à ses opposants politiques pour torpiller tout accord avec l’Iran.


Il est donc probable que l’approche attentiste prévale. Il n’en reste pas moins qu’escompter un
effondrement de la Corée du Nord est une stratégie de changement de régime par défaut – et que
le coût d’un effondrement chaotique et violent pourrait être terriblement élevé. Les craintes liées à
une telle évolution expliquent la passivité de la Chine en ce qui concerne son client nord-coréen.


Mais le temps n’est pas du côté des Américains. Le régime de Pyongyang continue à renforcer ses
capacités nucléaires et à développer ses missiles balistiques à longue portée (déjà en mesure de
frapper la côte ouest américaine). En bref, le pays devient une menace de sécurité directe pour les
États-Unis.


Par conséquent, les responsables politiques américains devraient n’avoir que des objectifs limités en
ce qui concerne les relations avec la Corée du Nord et comprendre qu’ils ne pourront être atteints
qu’en contrepartie d’avantages économiques pour le régime de Kim Jong-un. La décision prise par
la Libye en décembre 2003 d’abandonner l’option nucléaire et l’accord conclu par l’Iran cette année
ont tous deux été possibles pour cette raison.


Bien entendu, la Corée du Nord n’est pas la Libye ou l’Iran. Mais son orientation vers une économie
du marché ces dernières années fait qu’elle n’est pas non plus la nation ermite qu’elle était dans
les années 1950. En fait, au début des années 2000, plus des quatre cinquièmes du revenu moyen
d’un ménage nord-coréen provenaient de gains non officiels issus d’échanges commerciaux. Dans
le même temps, le régime dépend des taxes sur les échanges internationaux pour assurer sa survie.


Le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un, n’est pas le réformateur qu’était l’ancien dirigeant
chinois Deng Xiao Ping. Mais son régime ressemble chaque jour un peu plus au régime chinois,
inexorablement tiré par les forces du marché. Cette évolution devrait changer le contexte dans
lequel Kim Jong-un calculera les coûts et les bénéfices du programme nucléaire nord-coréen. Les
pays occidentaux devraient de leur côté faciliter ce changement d’évaluation.


De plus, le fait que les États-Unis, la Chine et la Russie coopèrent à l’accord sur le nucléaire iranien
pourrait avoir son utilité. En particulier, la position du président chinois Xi Jinping concernant le
programme nucléaire nord-coréen est plus proche de celle des États-Unis que celle de tous ces
prédécesseurs. Compte tenu de la dépendance économique de la Corée du Nord envers la Chine –
qui représente près de 90 pour cent de ses échanges commerciaux actuels – il est essentiel de tirer
parti de cette convergence politique.


Il faudrait pour se faire renoncer à la « patience stratégique » et initier des contacts informels avec
la Corée du Nord pour évaluer les intentions de Kim Jong-un. Compte tenu de la volatilité du régime
nord-coréen, la patience n’est pas une vertu.


Traduit de l’anglais par Julia Gallin


*Read more at http://www.project-syndicate.org/commentary/obama-foreign-policy-iran-iraq-north-korea-by-yoon-young-kwan-2015-08/french#B8UwJZHxd35KjTM0.99


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