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  Le nouveau président sud-coréen face à Pyongyang (Project-syndicate 2017/5/9)-french

Le nouveau président sud-coréen face à Pyongyang
(Project-syndicate May 9, 2017)



SEOUL – Moon Jae-in, le candidat du parti démocrate, vient d'être élu président de la Corée du Sud. C'est la deuxième transition d'un gouvernement conservateur à un gouvernement libéral depuis que
le pays connaît un régime démocratique. Tout a commencé de manière inattendue en octobre 2016,
avec une grosse affaire de corruption impliquant la présidente Park Geun-hye. Le scandale a conduit à sa destitution au cours du premier trimestre de cette année. Ce fut un épisode difficile pour le
pays, mais il traduit la résilience de la démocratie sud-coréenne.

Moon prend ses fonctions dans une période de regain de tension avec la Corée du Nord. Pour
comprendre ce que sera sa politique, il faut connaître la pensée des libéraux sud-coréens en matière
de politique étrangère depuis la présidence de Kim Dae-jung entre 1998 et 2003.

Kim considérait la Guerre froide comme un aboutissement pacifique pour l'Europe et il espérait
parvenir à une conclusion analogue dans la confrontation de son pays avec le régime communiste
de Corée du Nord. Il a établi des contacts directs avec lui dans le cadre de sa Sunshine Policy, la
politique de normalisation des relations du Sud avec le Nord. Son successeur, Roh Moo-hyun
(dont j'ai été le ministre des Affaires étrangères), a poursuivi la même politique. Avant son décès en
2009, il a été un mentor et un ami proche de Moon.

Kim s'était inspiré de la réunification de l'Allemagne qui a été précédée par une politique d'ouverture de l'Allemagne de l'Ouest en direction de l'Allemagne de l'Est (Ostpolitik) durant les dernières
décennies de la Guerre froide. L'ancien chancelier allemand Willy Brandt avait initié cette politique
au cours des les années 1970 et Helmut Kohl l'a poursuivi après son arrivée au pouvoir en 1982.
L'Ostpolitik ne pouvait changer la nature du régime de Allemagne de l'Est, mais le rendait
dépendant de l'Ouest, ce qui a permis à Kohl d'être en position de force lors du processus de
réunification.

La plupart des libéraux de Corée du Sud ont parfaitement conscience que la Corée du Nord n'est pas l'Allemagne de l'Est qui n'a jamais menacé l'Allemagne de l'Ouest ou les USA d'une frappe nucléaire. Néanmoins Moon et ses partisans regrettent que contrairement à Kohl qui a maintenu l'Ostpolitik,
depuis Lee Myung-bak tous les présidents conservateurs de la Corée du Sud aient abandonné la
Sunshine Policy. S'ils l'avaient maintenu, aujourd'hui la Corée du Nord dépendrait peut-être
davantage de la Corée du Sud que de la Chine, ce qui aurait évité aux dirigeants américains et
sud-coréens de demander constamment à cette dernière de limiter les excès du régime de Corée du
Nord.

Les libéraux sud-coréens reconnaissent que la situation stratégique a considérablement évolué depuis la présidence de Kim et le début de celle de Roh, quand la Corée du Nord ne possédait pas encore
l'arme nucléaire. Pour accomplir le rêve de réunification nationale des libéraux, Moon sera confronté
à un défi de bien plus grande ampleur que ses prédécesseurs.

Moon agira néanmoins en faveur de la réunification, mais il le fera avec prudence, sans perdre de vue les réalités géopolitiques. Dans une interview récente qu'il a accordée au Washington Post, il a
déclaré que l'alliance de son pays avec les USA constitue le socle de sa diplomatie et il a promis de
ne pas engager de discussions avec la Corée du Nord sans avoir au préalable consulté les USA. Mais
au-delà de discussions formelles, il pourrait essayer de normaliser les relations avec le Nord en
relançant la coopération entre les deux Corée en matière de santé ou d'environnement, ce qui ne
contreviendrait pas aux sanctions internationales contre le Nord.

Au cours des 9 dernières années, les présidents conservateurs de la Corée du Sud (notamment Park) ont coupé les contacts avec le Nord pour faire pression en faveur de la dénucléarisation. Les libéraux du Sud estiment que cette politique transforme l'objectif de réunification pacifique en un slogan vide de sens. Ils pensent que le maintien des relations inter-coréennes prépare le terrain à la réunification de la péninsule, comme cela fut le cas avec l'Ostpolitik en Allemagne. Aussi Moon va-t-il sans doute mener une politique reposant à la fois sur dénucléarisation et normalisation et préparation à la
réunification finale.

Il sait que des sanctions sévères seront nécessaires pour pousser la Corée du Nord vers la table de
négociation. Il n'y aura donc pas de désaccord fondamental entre son gouvernement et celui des
USA, d'autant que le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a déclaré que son pays ne cherche pas
un changement de régime en Corée du Nord.

Moon fera preuve de plus de souplesse que ses prédécesseurs conservateurs pour parvenir à un
accord destiné à geler le programme nucléaire de la Corée du Nord et ses lancés de missiles, dans le
genre de celui que les USA ont signé avec l'Iran. Mais si Trump demande à la Corée du Sud de
payer pour la présence sur son sol du systéme de défense antimissile THAAD (Terminal High Altitude
Area Defense), il devra refuser. Dans le cas contraire il s'exposerait dans son propre pays à une
vague de critiques, tant de la gauche que de la droite.

Autre question cruciale, les relations avec la Chine dont les relations passées avec la Corée ont laissé des traces douloureuses. L'empire du Milieu est intervenu en Corée chaque fois qu'il a considéré la
péninsule coréenne comme une tête de pont potentielle pour une attaque maritime dirigée contre
lui. Il l'a fait en 1592 quand le Japon se préparait à attaquer la dynastie Ming en s'en prenant au
préalable à la dynastie Joseon en Corée. Il est intervenu par la suite lors de la guerre sino-japonaise
de 1894 et lors de la guerre de Corée au début des années 1950.

Malgré ce passé, les libéraux sud-coréens savent que la coopération de la Chine sera nécessaire pour parvenir à la réunification. Le gouvernement de Moon devra donc maintenir à tout prix une alliance
étroite avec les USA tout en essayant d'améliorer les relations avec la Chine qui se sont tendues
depuis que la Corée du Sud a accepté le déploiement du système antimissile THAAD à l'intérieur de
ses frontières. Moon pourrait tenter d'apaiser les inquiétudes chinoise en laissant entendre que la
présence de ce système est seulement temporaire, dans l'attente de la dénucléarisation du Nord.

Ceux qui prédisent que la présidence de Moon va perturber les relations de la Corée du Sud avec les USA et le Japon se trompent. C'est sous la présidence libérale de Roh que la Corée du Sud a conclu
un accord de libre-échange avec les USA, les a autorisés à déployer des troupes sur son territoire
et a envoyé des troupes combattre aux cotés des Américains en Irak. Moon maintiendra cette
proximité avec les USA tout en essayant de relancer et de rénover la Sunshine Policy - la politique
de rapprochement avec la Corée du Nord qui traduit les aspirations à long terme de la Corée du Sud.

Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz

*source: https://www.project-syndicate.org/commentary/moon-jae-in-foreign-policy-north-korea-by-yoon-young-kwan-2017-05/french

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